

De l’âme ...
C’est mon point de départ.
Depuis toute petite cela s’avère comme une quête.
Un rendez-vous avec la vie.
Une quête de l’existence, spirituelle. Je me suis mise à chercher.
Je cherche à comprendre à partir de mon vécu là où me pousse mon âme, aidée de mes ancêtres, à l’écoute de mon cœur, le cœur de l’humanité car nous sommes tous reliés les uns aux autres.
Et surtout la foi fermement installée que tout cela ne peut pas s’arrêter comme ça. Au contraire, peut être que, même, tout commence ...
Andréa ma mamie sera ma première guide et encore aujourd'hui elle est là.
Pourtant elle décède brutalement le 13 février 1977. J’ai 7 ans. Un gouffre de désespoir s’ouvre sous mes pieds.
Comment ma mamie peut disparaître ainsi ? Un sentiment éperdu d’injustice et d’abandon m habitent. Je n’ai pas pu lui dire "au revoir", pas de bisous, pas de bras pour m embrasser ...rien d’un seul coup le vide. Désespérément vide ...
Aucune réponse sinon prendre refuge instinctivement dans ce qui se présente à moi, la nature, les animaux et le catéchisme, écouter la vie de Marie et son fils Jésus. J’y vais à pied en chantant. Je m’y sens bien, ça me réchauffe le cœur. Un petit moment de liberté rien qu’à moi, seule sans être seule.
De nombreuses années s’écoulent.
Je ressens que ma mémé Marcelline va partir. Le 13 juillet 2005.
1000 km nous séparent. Je prends le train et embarque mon papa dans l’aventure. Il me prend pour folle mais me suit. Et … ce qui suit, fait qu’il me voue une reconnaissance et une confiance infinie encore aujourd'hui.
Je berce sa maman Marcelline pendant deux heures dans mes bras comme un bébé jusqu’ au dernier souffle après tant d’efforts. Ça s’impose à moi comme une évidence mais plus que ça : un éveil, une ouverture sur cet inconnu. La mort est une naissance à l’envers. Je le ressens dans mes tripes, dans mon cœur. Ce n’est pas de la littérature. Mon cœur de petite fille pleure. Mon âme exulte de joie.
Paradoxe vie, mort, tristesse, joie.
La vie est un paradoxe. « La vie est un mystère » dixit Amada.
Tant d’efforts pour naître, se créer, bâtir, survivre, vivre, grandir à travers les obstacles, les épreuves et heureusement les joies, les bonheurs fugaces, éphémères mais présents, l’amour toujours l’amour.
Et puis un jour la vie nous quitte ou c est nous qui la quittons. Tout nous quitte que nous le voulions ou non.
Nous ne sommes jamais tout à fait prêts à quitter ou à être quittés.
Pauvre ou riche, en bonne santé ou malade, jeune ou vieux, malheureux ou heureux nous sommes tous des hommes pareils face à la mort.
Nous chérissons la vie.
Nous rejetons la mort au lieu de l’aimer tout autant
Nous perdons nos âmes
Nous courrons après le bonheur alors qu’il est à nos pieds en nous. Sourds et aveugles nous ne le voyons pas, nous ne l'entendons pas. Le bonheur à peine vécu qu’il glisse entre nos mains telle de la confiture trop sucrée et déjà le regret pointe son nez. Déjà la nostalgie du passé.
Le bonheur se conjugue au présent, rien qu’au présent. Le proverbe le dit lui-même, la vie est un cadeau c’est pour cela que nous l’appelons « présent ».
Elie disait : " je suis celui qui est." En Hindouisme nous trouvons l’équivalent, un célèbre mantra « So Ham ».
Toujours au présent.
Le passé c’était juste avant. Le futur sera juste après. Au milieu c’est maintenant. Au moment où j’écris ces quelques mots, je vois trois mots : un exemple de trinité.
Dans notre tradition et dans de nombreuses cultures il est question de la trinité.
Le père le fils et le Saint Esprit chez les Chrétiens par exemple.
Ou Bramha Vishnou Shiva dans la tradition hindouiste
La terre le feu et l’eau, symbole du Triskel, chez les druides et même bien avant ... aux sources du paganisme.
Quant au fils ou fille de l’homme, se présente 3 entités : corps âme esprit étroitement liés.
Le corps est comme un véhicule conduit par l’âme elle-même reliée à l’esprit. De la forme la plus grossière à subtile...
En Inde et au Tibet le corps est souvent comparé à un véhicule.
D’ailleurs dans la tradition védique (indienne) il est décrit dans les Upanishad que le corps est comme un char conduit par le mental (manas) qui doit être contrôlé, guidé si possible par la conscience ou l’aspect plus élevé conscient et intuitif : l atman ou âme ; elle même guidée par le plus haut, la réalité ultime, brahman.
Ce plus haut peut être identifié, représenté avec foi par "l’Isha Devata"; un symbole aimé, un archétype de Brahman, le plus grand, le plus haut, le pur, l indéfinissable, l’éternel que nous pourrons appeler plus simplement "esprit" (Purusha atma)
En Égypte traditionnelle, le corps n’est qu’un habit qui abrite l'âme, elle-même reliée à plus haut, plus grand et éternel.
Le corps, lui, est périssable même protégé et momifié. J’aime bien cette image.
Le corps n’est qu’un habit. Il est un avatar de l’âme.
A chaque incarnation le corps change de costume, de forme et couleurs, prêt à jouer une nouvelle pièce de théâtre. Petite je disais que la vie est un théâtre, il suffit de jouer.
Lorsque Marcelline est partie dans mes bras, j’ai compris dans mon ventre le processus de naissance à l’envers. L’âme quitte le corps dans un processus de retour, une naissance à l’envers.
Tous nos efforts pour naître et venir au monde se répètent pour quitter ce monde, remonter le tunnel de la naissance, peut-être même jusqu’à la rencontre de cet ovule et ce spermatozoïde qui ont fusionné un moment ensemble … J’imagine … Se séparer à nouveau et retourner seul d’où nous sommes partis.
Et si tout cela n’était qu’une illusion ? En Inde on l’appelle le voile de Maya avec le jeu de la « Lila » avec les illusions, la vérité, l’ignorance.
La réalité est autre. Elle est unité, une seule et même pièce.
L’âme s’incarne dans le corps pour réaliser des expériences en sachant dès le départ que l’ultime et la plus difficile de ces expériences, après la naissance sur terre, sera de mourir, quitter ce corps physique un jour, pour un passage vers une autre naissance en la souhaitant la plus lumineuse, pour le "corps de gloire" chez les chrétiens. Père Antoine m’a fait découvrir le « vrai » Christianisme et me permet de m’y reconnecter (ceci au préalable, grâce à mon passage vers l’hindouisme et tous ses archétypes divins)
La mort serait un "pas-sage" vers la lumière ultime et éternelle.
C’est une autre naissance. Si elle est vécue pleinement en conscience cela pourrait éviter la ‘2eme mort », la mort de l’âme. Le corps physique meurt mais l’âme peut être sauvée en s’unissant à ces derniers souffles de vie, en se reliant à la lumière éternelle, la réalité ultime en chacun de nous, dans l'acceptation du présent, de ce passage délicat vertigineux, le lâcher prise sur la vie, accueillir la peur de l’inconnu. Car évidemment la mort c’est l’inconnu, la peur de ne plus être.
Une mort sans conscience, sans vigilance de ce "pas-sage" entraînerait un recommencement sur terre sans apprentissage voire parfois avec une certaine régression ou alors avec le poids d’un bagage monstrueux issu du résultat de nos actes inavoués, peu glorieux, passés dans notre incarnation. (Le Karma mais l’inverse est vrai, nos actes glorieux heureux pèsent aussi dans la balance). Ce serait tout l’enjeu de ce « passage » revenir et vivre une autre incarnation enrichie de tout ce qui a été vécu auparavant, enrichie d’expériences de sagesse à condition de placer toute la conscience et l’éclairage nécessaire à notre existence.
Les épreuves se répètent pour assimiler la raison d’être sur terre. Les bouddhistes parlent du cycle de la vie comme le cycle du Samsara. La roue tourne.
Un perpétuel recommencement jusqu’à à ce que la compréhension « en Toute Lumière » s’opère. J’aime beaucoup le mantra du Soutra du cœur « Gaté Gaté Gaté Parasam Gaté, Bodhi So Ha », il est apaisant et lumineux.
Le corps grossier peut disparaître, il devient dans le christianisme ce "corps de gloire" ou "corps de lumière". Seule la lumière infinie et éternelle peut nous guider.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, le signe de croix se dessine. La trinité nous enveloppe. Le saint esprit, le souffle de vie grâce à Marie. Sans elle pas de souffle, pas de vie. Marie symboliquement est l’énergie féminine, la création, la « shakti » en Inde, la mère. La prière à Marie est très importante pour le passage, "priez pour nous pauvres pêcheurs, maintenant et à l’heure de notre mort"
Sans la mère pas de vie mais sans le père la vie n’est pas non plus. Depuis la nuit des temps, dans toutes les cultures, du paganisme à nos jours, la tradition nous rappelle la trinité. La tradition nous rappelle la vie, la mort et la célébration des deux, les rituels.
La vie et la mort ne forment qu’une seule médaille m’a dit une fois mon amie Amada. Certes mais dans la médaille je vois encore deux côtés séparés. J’imagine pouvoir aller au-delà de ces deux côtés, me laisser aspirer par l’unicité des deux.
Finalement plus de paradoxe, plus de dualité ni d’illusion. Juste la VIE, l’existence ?
"Un jour, une vie ... " cite souvent Père Antoine. Un jour la naissance, un jour la mort se manifestent, tout dépend de quelle côté la médaille brille mais dans l’absolu c’est notre histoire, notre existence au sein de la grande Existence.
Être ou ne plus Être ... Telle est la question contait Shakespeare.
Personne ne sait à quel moment
C’est la question....
Dans la bible le royaume de la mort s’appelle Sheol
Cela veut dire littéralement "la question"
Ceux qui partent, partent dans la question
Et laissent les autres sans réponse ...
Parfois c’est très rapide en un éclair le corps non né, à peine né ou très jeune, parfois à 20 ans....
La rumeur dira « ce n’est pas dans l’ordre des choses"
Parfois c’est très long, très lent le corps vieux et encore joyeux
Et cette vie sera applaudit en entendant "il ou elle a eu une belle vie"
Parfois la maladie nous saisit comme une morsure de serpent, déjà le venin létal coule dans les veines ... à peine le temps de regarder par-dessus l’épaule, tendre une main et déjà le murmure nous enveloppe d’un : "c’est trop tard"
Dans tous les cas le corps meurt, il trépasse (corps âme esprit) et à terme se transforme
Dans tous les cas l’âme perdure, peut séjourner dans un autre espace, s’endormir ou s’élever à la lumière, renaître.
Dans tous les cas, l’esprit intouchable demeure ineffable, immuable, éternel.
La question, comme nous dit La Bible est que, les humains, ça nous laisse sans réponse... depuis la nuit des temps
Nous touchons à l’inévitable séparation aimante attachante du corps à corps,
Nous touchons à ce manque du cœur à cœur comme si tout s’arrêtait, à l'absence de la peau à peau, de l’odeur ... comme le 1er lien maternel. Un douloureux vide.
Francis Cabrel chante dans Adossé à un chêne liège : « et si nous ne regardions pas vers le bon phare et si le ciel était creux et vide ? »
Pourtant j'aime à croire que non et tu le sais aussi maman
La 1ere clé pour celui qui survit à cela, qui est témoin de cet enlèvement brutal, cette souffrance soudaine s’appelle l’acceptation. Accepter l’inacceptable...
La 2eme clé sera le temps... « avec le temps va, tout s’en va », tu aimais cette chanson.
Le temps pourtant est illusoire mais fait partie du rythme de notre vie terrestre.
La blessure béante, géante ... ce gouffre se refermera au fil du temps qui panse l’âme au rythme des saisons.
La 3 -ème clé sera la foi
"Ta foi t a sauvée" a dit Jésus à la femme qui touche son vêtement dans la foule sans vouloir le déranger mais Jésus a senti pourtant l’effleurement.
"Qui a touché mon vêtement ?"
Et certaine de guérir en le touchant elle a guéri
Tout comme Amada me l’avait dit, ta foi t a sauvée
J’aurai besoin de ces 3 clés
La foi gagnera ma préférence...
La foi en toi maman qui m’a fait naître
La foi en la puissance de l’âme qui peut renaître en la lumière divine sacrée
La foi en l’esprit éternel et paisible, la force de vie, l’amour au-delà de tout ...
Ainsi tu seras toujours présente
Je prends refuge en cette foi quel que soit son nom
Je prends refuge en l’esprit là où réside cet amour infini qui nous relie tous
Je prends refuge en la lumière qui me guide, m aspire et m'inspire au plus profond
Enfin encore un instant je prends refuge dans tes grands yeux bleus puissants, perçants parfois déroutants
Ton sourire, ta générosité, ton cœur
Cette phrase que tu m'as apprise un jour que tu as reçu toi-même le jour de ta communion :
" Sois moteur et non remorque, ne pleure pas ! chante ! "
Je prends refuge en l’amour simplement
Tout est amour … ma plus belle réalisation d’amour s’appelle Bastien et tu le sais maman …
Je t’aime à l’infini … Je vous aime à l’infini toi et papa.
Merci de m’avoir fait traverser cette épreuve qui m’a ouvert le cœur, éclairé la conscience.
La porte ouverte par mes ancêtres s’illumine. Suivons la lumière au-delà des mots, des croyances et de l’intellect. Suivons là avec le cœur et de toute notre âme.
Ma Maman, « ma mum ou mamounette », tu es et resteras à jamais présente en mon cœur, en nos cœurs ici tous présents
Je t’aime … I love you mum
Nath
En ce 4 décembre 2024

Je rêve
Je rêve d’un cours de Yoga où je propose de commencer avec une intention d’offrande au Yoga, à la vie et j’entends :
Le Yoga est un lien subtil entre le corps l’âme et l’esprit
Il active ce lien et nous fait toucher au plus subtil, au plus profond de l’Être
Un jour le fil lâche. Le corps meurt, disparaît et pourtant l’Être existe toujours
L’âme ne meurt pas, peut renaître
L’esprit, lui, l’intouchable est éternel, magnifiquement sublime, lumineux, éternel
Offrons notre pratique tel un don, un don de nous même en hommage à la vie.
Offrande à la vie, à la mort ... Nuit du 09 au 10 mars 2024

"Lorsqu'on parle de foi, certaines personnes s'imaginent automatiquement que nous parlons de religion. La foi ne fait partie d'aucun dogme ni d'aucune religion. La foi, c'est le souffle sur tes ailes, c'est la confiance qui brûle ton coeur, c'est la petite voix qui te guide sur ton chemin, c'est la lumière qui brille en ton âme.
La foi, c'est l'amour que tu offres à tes rêves; c'est la compassion que tu as pour toi et pour les autres; c'est le sourire que tu portes sur tes lèvres.
La foi, c'est lorsque tu n'essaies pas de contrôler les événements dans ta vie; c'est quand tu lâches prise et va de l'avant.
La foi, c'est quand tu tends l'oreille aux murmures des anges; à l'énergie qui vibre en toi; à la Source, à la Terre-Mère; à ces instants de plénitude.
La foi, c'est quand tu vis l'instant présent et que tu l'apprécies pleinement.
La foi, c'est quand tu es reconnaissant de ta vie; de chaque moment de ton existence; de l'air que tu respires, du soleil sur ta peau; de la nourriture dans ton assiette, et du toit sur ta tête.
La foi, c'est un ensemble et non une frontière ni un obstacle.
La foi, c'est toi et c'est moi."
(Karine Malenfant)